“Habiter ses choix plutôt que cohabiter avec ses peurs.”
- muaugey
- 18 sept. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 sept. 2025

Il y a des moments où l’on croit encore réfléchir.
On aligne des arguments, on compare des scénarios, on cherche l’option la plus “juste” mais à l’intérieur, le choix est déjà posé.
Le corps l’a décidé en premier.
Les épaules qui se ferment ou qui s’ouvrent.
Le souffle hésite ou s’ancre. Le regard fuit ou s’illumine.
Habiter ses choix, c’est accepter d’entendre ce langage muet.
C’est reconnaître que nos décisions ne se vivent pas seulement dans la tête, mais dans chaque fibre, dans chaque mouvement.
Et pourtant, combien de fois tentons-nous de cohabiter avec nos peurs ?
Nous avançons avec un sourire poli quand le ventre se contracte.
Nous disons “oui” quand tout en nous hurle “non”.
Nous camouflons nos tremblements derrière une voix ferme.
Ce décalage, nous l’avons tous ressenti.
Et ceux qui vivent avec l’humain le savent mieux que quiconque : éducateurs, accueillants, managers, accompagnants.
Impossible de masquer longtemps l’incohérence entre ce que nous disons et ce que nous incarnons.
L’autre, la personne, autrui, l'adulte, l'ado, le jeune, le mineur, l'enfant... lisent, toujours, dans nos gestes, nos silences, nos respirations.
Parfois, ce n’est pas seulement de la peur passagère.
Le corps garde la trace de certains chocs de vie : accidents, séparations, violences, pertes. Ces expériences s’impriment en nous d’une manière particulière : dans une crispation soudaine, un souffle qui se coupe trop vite, une vigilance qui ne lâche jamais.
Peter Levine, pionnier du travail somatique sur le trauma (Somatic Experiencing), parle de ces empreintes comme de “mémoires corporelles traumatiques” : des restes de survie inscrits dans le corps, bien après que l’événement soit passé.
Et même si je ne suis pas thérapeute, comme coach, j’ai appris à reconnaître que ces traces existent parfois dans nos vécus tout comme dans ceux des personnes que nous accompagnons.
Elles ne disent pas tout, elles ne définissent pas une personne. Mais elles peuvent peser sur nos choix, discrètement, comme un arrière-plan qui colore nos décisions.
Habiter ses choix, c’est aussi cela : ne pas ignorer ces empreintes, mais les reconnaître avec douceur.
Ne pas les laisser prendre le volant, mais leur donner leur juste place dans notre histoire. 
C’est transformer la mémoire en matière vivante, au lieu de la subir en silence. 
Habiter ses choix, c’est une radicalité douce.
C’est décider avec le mental, mais aussi avec l’instinct et l’émotion, en un seul mouvement.
C’est se tenir droit dans sa cohérence, même quand le doute rôde.
C’est dire “oui” quand le corps se redresse, quand le souffle s’ouvre, quand les yeux brillent.
Dans nos métiers de relation, cela devient une nécessité.
Accueillir, accompagner, diriger, transmettre... tout cela exige d’être habité, pas seulement compétent.
Parce que l’humain en face de nous sent immédiatement si nous cohabitons encore avec nos peurs, ou si nous incarnons vraiment nos choix.
Et parce que nous savons, au fond, qu’aucune technique ne compensera l’absence d’alignement.
Alors je vous pose une question simple, mais essentielle : vos décisions, vous les habitez vraiment... ou cohabitez-vous encore avec vos peurs ?
Habiter ses choix, c’est là que se trouve mon métier.
Comme coach, je ne soigne pas les blessures, je n’efface pas les mémoires
J’accompagne à retrouver cet endroit habité, où le corps, l’émotion et le mental cessent de se contredire.
Là où la décision cesse d’être une lutte, et devient une évidence assumée.
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